L’heure est à la radicalisation !

On en parle peu, mais, au-delà des atteintes graves à nos conditions de travail, le projet de loi Travail porté par le gouvernement vise aussi à casser la construction des rapports de force syndicaux dans les entreprises. La précarisation des statuts salariaux qu’il entend mettre en place hypothèque en effet les potentialités de lutte, car des salariés isolés, facilement licenciables, exposés à la délinquance patronale auront bien du mal à construire, au sein de l’entreprise, des modalités de résistance et d’action revendicative pour défendre leurs intérêts. À l’heure où les syndicalistes sont les cibles d’une répression sévère, c’est une mise hors jeu du syndicalisme qui se dessine, surtout si celui-ci peine, comme c’est le cas ces dernières années, à repenser ses interventions à l’aune des évolutions d’un monde du travail en pleine transformation (travail à domicile, temps partiels, contrats de travail multiples, auto-entrepreneuriat dévoyé, etc.).

Après plus de trois semaines de mobilisation des salariés, des étudiants et des lycéens, le gouvernement ne semble toujours pas décidé à retirer son projet de loi. La violence de la répression à l’œuvre depuis les premières manifestations confirme la détermination de nos dirigeants à faire taire la colère de la rue. C’est donc l’heure, désormais, de radicaliser nos pratiques de lutte, au travail comme dans les rues. Construire des grèves reconductibles soutenues par des caisses de grève solides, recourir à des actions coups-de-poing contre les moyens de production et de service, multiplier les initiatives de blocage des axes de transport sont autant de moyens à notre disposition pour acculer le gouvernement. Les stratégies des directions syndicales, qui espacent de plus en plus les journées d’action, n’augurent rien de bon, et pourraient même rapidement sonner la fin du mouvement social qui émerge. À nous, travailleurs et travailleuses syndicalistes, de pousser, par nos actes, les bureaucrates à maintenir la pression du monde du travail.

Le groupe anarchiste Salvador-Seguí, dont la plupart des membres sont déjà investis dans le combat syndicaliste, soutiendra, dans la mesure de ses capacités, toutes les initiatives de grève reconductible et de blocages qui seront portées à sa connaissance.

Groupe anarchiste Salvador-Seguí
Paris, le 7 avril 2016

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