We Shall Overcome !

Du retrait du projet de loi à la révolution sociale.

En un peu plus de trois mois, le mouvement social contre le projet de loi Travail ne s’est non seulement pas essoufflé, mais il a aussi su se radicaliser, avec une amplification sensible des grèves et des blocages, à l’initiative des organisations syndicales de travailleurs. Au-delà des seules journées de mobilisation, il a également su réinventer l’action directe, l’intersyndicale et les caisses de grève. Politiques et médias ont beau s’acharner à ternir l’image des actions entreprises, force est de constater que l’opinion reste très largement hostile à la « réforme » sauvage du gouvernement.

Le 14 juin, nous serons ainsi des centaines de milliers à battre le pavé, à l’appel d’une intersyndicale qui demeure soudée et qui, pour l’heure, en reste à son mot d’ordre initial : retrait total du projet de loi. Un mot d’ordre qu’il nous appartient de porter, par nos luttes, dans nos boîtes, dans nos rues et dans nos organisations syndicales, pour ne pas laisser l’Euro, la perspective des grandes vacances ou le jeu de dupe du gouvernement le transformer dans le sens d’une simple réécriture partielle. Car il est probable que la sortie de « crise » envisagée par Hollande s’incarnera dans une modification aux marges de l’article 2, objet de toutes les attentions depuis quelques semaines. Si cet aspect-là du projet de loi est en effet un des plus nocifs, il ne doit pas nous faire oublier les autres : la fin des accords à durée indéterminée, la permission de licenciements économiques injustifiés, la casse de la médecine du travail, la négation de la légitimité des organisations syndicales avec les référendums d’entreprises, etc.

Aujourd’hui, notre mouvement social a déjà porté ses fruits, des petites victoires dont on ne peut certes se contenter mais qu’il serait pessimiste de passer sous silence : au-delà de la suppression d’articles phares de la première mouture du projet de loi Travail, le gouvernement a été contraint de satisfaire, dans l’urgence, une partie des revendications propres à certaines professions. Des victoires arrachées par l’ampleur du mouvement social, preuve encore que c’est dans l’unité interprofessionnelle qu’on obtient ce qu’on veut.

Nous avons le vent en poupe, camarades, et il serait dommage de ne pas en profiter pour commencer à élargir les perspectives du mouvement social en termes de revendications. Même dans un ordre capitaliste, l’évolution économique recourt au travail en le niant et, à moins que les travailleurs ne soient en capacité de le renverser, l’exigence d’un mieux-disant social repose a minima sur : un véritable contrat de travail assorti d’un revenu salarial décent, une réduction plus importante du temps de travail hebdomadaire, un maintien de la reconnaissance des métiers et qualifications, un renforcement du contrôle légal et judiciaire des recours aux contrats de sous-traitance, une protection et une restriction des contrats d’apprentis et de professionnalisation, un retour à une véritable inspection du travail et à une médecine du travail en plein moyen et autonomie d’action. Plus nous sortirons des dynamiques défensives en adoptant une optique ouvertement offensive, plus nous regagnerons du terrain sur le champ de bataille de la lutte des classes. Avec comme unique horizon, à la mesure de notre investissement, l’expropriation du capital et l’abolition de l’État : la révolution sociale.

Groupe anarchiste Salvador-Seguí
Paris, le 12 juin 2016

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