Solidarité avec les Goodyear !

Les 19 et 20 octobre prochains, se déroulera à Amiens le procès en appel des huit salariés de l’entreprise Goodyear. Ces derniers avaient été condamnés en première instance à 24 mois de prison dont 9 ferme, pour avoir gardé au frais pendant quelques heures le DRH et le directeur de la production en janvier 2014, dans le cadre de la mobilisation syndicale contre un plan de suppression de près de 500 emplois au sein de leurs usines. Finalement, quelques jours après les faits reprochés, l’usine a fermé ses portes, exposant plus de 1 000 salariés à la précarité et au chômage.

L’affaire a de quoi inquiéter, car jamais, depuis cinquante ans, de la prison ferme n’avait été requise dans ce type d’affaire. Elle inquiète d’autant plus qu’elle n’est pas isolée et s’inscrit dans un climat de répression antisyndicale généralisée. L’affaire de la chemise arrachée à Air France – qui a conduit à la poursuite en justice de 15 salariés de l’entreprise pour dégradation et violence en réunion – ou encore l’affaire quasi invraisemblable des deux dockers arrêtés au Havre et amenés à Paris le 31 août dernier (le tout le jour de l’assemblée générale de la CGT de la Seine-Maritime) témoignent de la criminalisation de l’activité syndicale.

La stratégie du gouvernement et du patronat, qui transparaît au travers de ces poursuites, jugements et arrestations, est claire : faire sentir aux salariés que se syndiquer ou s’opposer à leurs décisions et à la logique de leur système n’est pas sans risque. Cette tactique est d’autant plus alarmante qu’avec la loi Travail, passée en force cet été en dépit des mobilisations massives de ce printemps, et à grand renfort de 49.3, la hiérarchie des normes se trouve inversée en matière de droit du travail. Cette inversion n’est pas anodine et aura pour effet concret de localiser les luttes et donc de fragmenter les rapports de force entre direction et salariés. Ces derniers ne pourront plus se protéger derrière le droit du travail, et vont devoir lutter à l’échelle de chaque entreprise afin d’éviter que leurs droits ne soient rognés sous prétexte de crise ou de manque de rentabilité. Bref, les deux lames se mettent en place pour cisailler les potentialités de lutte des travailleurs : la criminalisation du syndicalisme et la fragmentation des rapports de force à des échelles locales.

Au final, les jugements rendus par la justice et les discours de nos politiciens dévoilent le cynisme de leur hiérarchie des normes : quelques heures de retenue dans une salle pour des grands patrons ou le déchirage d’une chemise valent davantage que des vies de travailleurs jetés dans la violence du marché de l’emploi. Marché où chacun est encouragé à étriper tout le monde, et est finalement sommé de se soumettre, parce que, « quand même, on est bien gentil de te donner un emploi, donc faudrait pas pousser mémé dans les orties non plus ».

Aussi est-il aujourd’hui plus que nécessaire de renforcer les liens entre les luttes et d’apporter tout notre soutien à nos huit camarades de la CGT-Goodyear, en nous rassemblant massivement à Amiens les 19 et 20 octobre 2016 pour exiger leur relaxe. Se syndiquer et lutter contre l’exploitation économique est un droit, c’est aussi notre devoir de classe. Et dans ce combat, seule paie la solidarité quand l’État en vient à nous enfermer dans ses prisons pour briser nos mobilisations et nos espérances d’un avenir meilleur.

Groupe anarchiste Salvador-Seguí
À paris, le 07 octobre 2016

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