Le gouvernement contre-attaque : construisons notre autonomie de classe !

Ce 1er mai 2019 sonne, à n’en pas douter, comme la fin de cycle avec la clôture du « grand débat », (contre-feu politique allumé par un pouvoir aux abois) et le mouvement des Gilets jaunes qui après des mois de protestation dans les rues semble s’essouffler et peiner à se réinventer pour ouvrir de nouveaux rapports de force ; mouvement qui avait su freiner pendant quelques temps la frénésie de casse sociale d’une classe politique ultralibérale.

Mais la dernière conférence de presse du président annonce sans aucun doute la contre-attaque d’un gouvernement bien déterminé à poursuivre son projet de casse systématique du service public et des droits des travailleurs. En effet, même s’il s’est attaché à brouiller les pistes en dégainant quelques mesurettes, le chef de l’Élysée a surtout réaffirmé sa ligne politique en annonçant que les « fondamentaux » qui avaient présidé jusqu’à présent à la définition de sa politique devaient être « poursuivis et amplifiés ».

Ainsi, si le président a annoncé entre autres « la fin des fermetures d’école, et d’hôpitaux », pas un mot sur les fermetures de classes ou de services qui continueront de dessiner de nouvelles zones blanches en matière de service public. De même, lorsqu’il déclare ne pas vouloir toucher à l’âge légal de départ à la retraite, tout en affirmant son intention d’instaurer une nouvelle pénalité financière pour obliger chacun à travailler plus longtemps, le président repousse de fait l’âge de la retraite à 64 ans. Car, derrière l’image affichée par le pouvoir d’un « choix individuel » c’est en réalité, pour les plus modestes, l’obligation financière de partir plus tard. Le gouvernement répond ainsi aux appels du pied d’un patronat jamais rassasié qui réclamait encore, il y a peu, le report de l’âge de la retraite à 64 ans.

Il faut dire que le système de retraite par cotisation est plus que jamais dans le collimateur du gouvernement. Celui-ci entend bien lui faire la peau en le remplaçant par un système à points avec une pension calculée sur l’ensemble de la vie active ; système inégalitaire au possible touchant en priorité les plus modestes et les plus précaires tout en supprimant la sécurité de connaître à l’avance le montant de sa retraite. C’est aussi l’occasion pour le gouvernement de dégager les organisations syndicales de la gestion du système de retraite. Autre réforme dans les tuyaux du gouvernement, celle de l’assurance chômage, avec encore une fois la ferme intention pour le gouvernement de rogner un peu plus les droits des privés d’emploi !

Conclusion donc de ce grand débat pour le mouvoir macronien : Jupiter a entendu la colère, mais continue quand même ! Preuve s’il en fallait encore, qu’il n’y a rien à attendre de l’artisan de nombre des pires lois libérales et liberticides de ces dernières décennies, et plus généralement, des politiciens professionnels qui ne cherchent qu’à instrumentaliser nos voix et nos luttes pour se hisser au pouvoir !

Pour autant, ces annonces gouvernementales qui font présager pour l’avenir des temps de combat social encore plus âpres, ne doivent pas nous faire oublier les espoirs et les victoires qui naissent un peu partout des luttes locales conduites dans l’hexagone, comme celle conduite par les personnels des urgences de l’AP-HP et qui commence à s’égrener un peu partout en France face à un service public de santé saigné à blanc, ou encore la lutte victorieuse des travailleuses et travailleurs de l’hôtel de luxe du Park Hyatt Vendôme, qui, après des mois de grève acharnée ont arraché à un patronat déterminé de meilleures conditions de travail ainsi qu’une meilleure rémunération.

Car ne l’oublions pas, cette journée internationale des travailleurs, c’est aussi celle du combat pour la dignité, qui a toujours été au cœur du projet révolutionnaire et syndical depuis les sociétés mutuelles de secours du 19ème siècle et à la racine des plus belles réalisations du mouvement ouvrier, comme les bourses du travail, lieux de formation, de solidarité et de sociabilité. Cette quête de dignité, fil rouge de nos luttes, doit nous pousser à nous organiser dans nos structures de classe, à renforcer nos liens de solidarité, à construire notre autonomie pour ne pas avoir à quémander le paternalisme du patronat ou la compassion des politiques. Comme nous le disions il y a maintenant deux ans, au 1er mai 2017, entre les deux tours de l’élection présidentielle, seules nos petites grèves, ancrées dans nos boîtes et nos lieux de vie, pourront construire les grandes ; celles qui sauront s’opposer aux grands projets ultralibéraux de la classe politique et permettront de construire la société plus libre et plus juste de demain, celles des exploités d’aujourd’hui.

Groupe anarchiste Salvador-Seguì
Paris, le 1er mai 2019

 

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